DISSIBLOG

13 mars 2012

Post modernisme et post démocratie

Les élites européennes ont renoncé de fait à poursuivre la recherche et l'affirmation d'une identité propre. Elles considèrent implicitement que l'Europe n'a plus rien de spécifique à apporter. Elles sont acquises à l'idée que les Etats-Unis sont le laboratoire de la modernité dont il n'y a qu'à s'inspirer. Il ne s'agit plus d'alignement sur le "hard power" américain, comme à l'époque de la guerre froide. Ce qui compte désormais, c'est le "soft power".

Ce n'est plus le Département d'Etat qui est important, ce sont les universités : Stanford, Harvard, Chicago ou le MIT comptent infiniment plus par les idées qu'elles diffusent que les moyens colossaux du Pentagone. Il ne s'agit plus de stratégie, mais d'économie ; il ne s'agit plus tant de puissance que de modernité technique, managériale et financière. Tel est le noyau dur de ce programme diffus, mais très puissant, dont les variantes peuvent aller du multiculturalisme jusqu'à l'économisme libéral le plus affirmé.

Cet entraînement consensuel a conduit l'Europe à abdiquer toute ambition en matière aussi bien politique que culturelle, intellectuelle ou philosophique. Au mieux, elle défend mollement son "modèle social". C'est ce renoncement à l'oeuvre dans l'intégration européenne telle qu'elle est pratiquée depuis les années 1990 qui est la source la plus profonde de la frustration des peuples à son endroit. A quoi bon construire l'Europe si c'est pour la dissoudre dans la mondialisation ?

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Posté par dissidence à 06:42 - Europe - Commentaires [0] - Permalien [#]
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