DISSIBLOG

11 juin 2012

Législatives : les trois leçons du premier tour

Le PS et ses alliés arrivent nettement en tête du premier tour des législatives. Plusieurs enseignements se dégagent de ce vote, marqué par une faible participation.

Un vote de confirmation

Placées un mois après l'élection présidentielle, et malgré la lassitude manifeste des électeurs, que traduit le taux d'abstention record atteint hier, les législatives apparaissent plus que jamais comme un vote de « rafication » pour les uns, de « confirmation » pour les autres, par rapport à la présidentielle.

Les Français ont logiquement confirmé leur choix du 6 mai, en votant à 46 % pour la gauche. Symboliques de cette confirmation, dix-neuf candidats de gauche ont été élus dés le premier tour, parmi lesquels le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et quatre autres ministres.

Selon les projections en sièges réalisées par les instituts CSA, Ipsos et TNS-Sofres, le PS et ses alliés recueilleraient entre 275 et 329 sièges dimanche prochain au Palais-Bourbon. Le vote du second tour permettra de définir les contours de cette majorité : si le PS échoue à décrocher cette majorité absolue à lui tout seul, il pourra compter sur l'apport de 8 à 18 députés écologistes. Auxquels il faudra ajouter la vingtaine de députés du Front de gauche.

La cohabitation écartée

L'hypothèse d'une cohabitation semble peu probable au vu des résultats du premier tour. L'UMP, avec 34 % des voix, recueille 11 points de moins qu'il y a cinq ans, et risque de passer dans l'opposition pour la première fois depuis sa création, en 2002. Elle devrait perdre entre 50 et 100 sièges, et passer de 320 sièges dans l'Assemblée sortante à 210 à 270 sièges, alliés centristes inclus. Ce qui n'empêche pas les responsables UMP d'y croire. Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a préféré souligner que le score de son parti, un mois après la défaite de Nicolas Sarkozy, est « supérieur à celui du PS ». L'ancien Premier ministre François Fillon a jugé hier qu'il n'y avait « pas de vague rose » en faveur du PS et de ses alliés, Alain Juppé a mis l'accent sur le fort taux d'abstention, et donc une « forte capacité de mobilisation » pour le 17 juin.

Il n'y a guère de chance cependant que les électeurs contredisent, dimanche prochain, la tendance qui s'est exprimée hier en faveur de la gauche. Et l'UMP devra dès aujourd'hui se positionner face au Front national pour le second tour : dans le Gard, un candidat UMP « hésite » à maintenir sa candidature alors qu'il est loin derrière Gilbert Collard (FN) et le PS. Dans les Bouches-du-Rhône, le sortant Michel Vauzelle (PS) pourrait être confronté au désistement du candidat UMP en faveur du FN…

La bipolarisation renforcée

Les « petits partis » sont les grands perdants de ce premier tour. La situation quasi désespérée dans laquelle se trouve François Bayrou marque l'impossibilité, du fait du scrutin majoritaire, de faire élire des députés en dehors d'un accord avec l'une des deux grandes formations. Europe Ecologie-les Verts, à gauche, le Nouveau Centre, à droite, n'auront des élus en nombre suffisant pour constituer un groupe dans la prochaine Assemblée que grâce à l'accord qui les lie au PS pour le premier, à l'UMP pour l'autre. Et le Front de gauche, qui n'est pas parvenu à passer un accord électoral avec le PS, ne progressera pas en termes d'élus dans le futur hémicycle : il devrait récolter entre 13 et 20 sièges, soit autant que le groupe communiste actuel.

Enfin, Marine Le Pen a beau qualifier le Front national de « troisième force politique de France » (14 % des voix hier), il ne pourra guère y avoir plus de trois députés du Rassemblement bleu Marine à l'Assemblée le 17 juin. Alors que François Hollande s'est engagé à introduire une dose de proportionnelle pour 2017, le scrutin d'hier a encore renforcé la bipolarisation de la vie politique française.

Le Parisien

Posté par dissidence à 07:28 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
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