DISSIBLOG

15 novembre 2013

La douleur d'une mère ...

(Ne pas manquer ce que réclame cette mère à partir de 11:00)

Que s'est-il passé dans l'enceinte du collège Jean-Monnet à Briis-sous-Forges dans l'Essonne entre Marion et d'autres élèves? Quatre mois après le suicide de cette collégienne de 13 ans qui avait laissé une lettre évoquant des faits de harcèlement, la famille a décidé de réagir. Selon nos informations, elle a déposé plainte le 13 juin dernier pour «violences, menaces de mort, provocation au suicide, homicide involontaire et omission de porter secours». Une action en justice qui, sans donner de noms, vise les auteurs présumés de ces pressions mais aussi des membres de l'équipe du collège.

Selon les parents de Marion, leur fille était devenue la tête de Turc de certains dans ce collège plutôt bien fréquenté, et les responsables de l'établissement ne pouvaient l'ignorer. «Nous avions demandé à plusieurs reprises que notre fille change de classe», explique Nora, la mère de Marion, chef de projet marketing exerçant à la Défense.

Menaces de mort via Facebook

Décrite comme bonne élève, Marion aurait été prise pour cible, raconte sa mère, car elle était différente. Dans sa classe, décrite comme difficile selon la plainte, Marion, elle, réclamait le silence. Audace suprême: la jeune fille ne cédait pas aux codes vestimentaires. Aux sacs dernier cri, Marion qui voulait devenir architecte, préférait les maquettes qu'elle réalisait chez elle. Mais chez les jeunes, pas de quartier: «on est populaire» ou «boloss», selon leurs termes. Marion serait donc devenue «la bolosse», «l'autiste», le réceptacle d'injures et de menaces de mort , via Facebook, comme l'indique la plainte qui en reprend certaines en laissant leur orthographe incertaine. «Tu revien on te creve les yeux», «tu vas ressevoir plein dans la gueule»… Le personnel du collège a-t-il pu ignorer ces violences? «Marion a été insultée et menacée dans l'enceinte même de l'établissement (…) ces comportements n'ont pas été sanctionnés», est-il écrit dans le document remis à la justice. Pour Me David Père, l'avocat de la famille, «il y a eu des carences graves». Dans sa famille, Marion aurait fini par créer un écran de fumée: faisant bonne figure quand elle était au plus mal.

La plainte relate aussi des événements de violence concernant d'autres élèves de l'établissement. Elle évoque la photo publiée sur Facebook d'un jeune, traîné à terre par les cheveux. Un cliché «manifestement» pris dans le collège. Une autre collégienne a été prise à partie par des élèves qui munis d'un briquet et d'un déodorant lui ont dit qu'elle «servirait de chalumeau».

«Pas de terreau favorable à ce drame»

Pour l'heure, cette plainte a rejoint une enquête déjà en cours et ouverte pour «recherche des causes de la mort». «On élargit les investigations sur les faits dénoncés par le conseil de la famille», précise le procureur d'Évry, Éric Lallement. Mais un haut responsable du ministère de l'Éducation nationale - l'affaire est remontée jusqu'à lui - reste, quant à lui, prudent sur les raisons qui ont conduit Marion au suicide. S'interrogeant sur l'existence d'un véritable harcèlement, il ne reconnaît qu'un «problème de communication» entre le principal et la famille.

En parallèle, une enquête administrative a été menée au collège. Selon ses conclusions qui ont depuis été remises au recteur de l'académie de Versailles, l'établissement ne souffre ni de dysfonctionnement ni d'un climat dégradé. «Nous avons rassemblé des éléments de contexte généraux, en recueillant le ressenti des élèves, du personnel et nous n'avons pas trouvé un terreau favorable à ce drame», précise Luc Pham, directeur du centre académique d'aide aux écoles et aux établissements, une structure chargée de la prévention de la violence.

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Posté par dissidence à 09:58 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
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