DISSIBLOG

14 décembre 2013

Le rapport qui clashe

Un rapport brûlot (1) que ne renierait pas Terra Nova a été remis à  JM Ayrault. Ce rapport préconise ni plus ni moins que de pulvériser la politique d'integration en la transformant en politique de non discrimination :

«On veut changer la manière d'aborder l'intégration, explique-t-on à Matignon. On s'oriente vers une politique fortement ancrée sur l'égalité des droits et la lutte contre les discriminations».

Lors de son discours de politique générale, en juillet 2012, Jean-Marc Ayrault avait annoncé son «ambition de renouveler en profondeur l'approche des questions d'intégration en France». Cet été, cinq groupes de travail thématiques («Faire société commune», «Habitat», «Protection sociale», «Connaissance reconnaissance», «Mobilités sociales») ont été constitués, auxquels ont participé des représentants des services de l'État, des collectivités territoriales, des associations, des partenaires sociaux ainsi que des chercheurs. «Refonder notre politique d'intégration suppose de répondre à l'attente des personnes immigrées et de leurs descendants: être considéré comme n'importe quel Français», était-il précisé dans la lettre de mission des «personnalités qualifiées» choisies pour présider les groupes de travail. «Une telle démarche ne peut réussir qu'à la condition d'admettre que la richesse de l'héritage légué par les migrants au fil des âges fait partie de l'identité française.»

La lecture des cinq volets de ce rapport, qui viennent d'être publiés sur le site du premier ministre, donne un aperçu de la «feuille de route» dont souhaite s'inspirer le gouvernement. Ne parlons plus d'intégration!, préconisent-ils en substance. «Symboliquement, l'abandon du terme peut constituer un signal fort pour celles et ceux qui sont soumis à cette injonction au quotidien et à tort», analysent les experts missionnés par le gouvernement. Mais le «changement de mot» n'est pas suffisant: il doit «s'accompagner d'une transformation du sens de l'action et de l'intervention publique qui soit visible», exhorte le rapport. Il s'agira donc, désormais, de «faire France en reconnaissant la richesse des identités multiples».

Sommés «d'opérer un déplacement, un pas de côté dans la façon de concevoir ces questions», les experts font carrément demi-tour. Autorisation du voile à l'école, création d'un «délit de harcèlement racial» et d'une «Cour des comptes de l'égalité», ces propositions détonantes vont-elles être reprises par le gouvernement? Le premier ministre, en tout cas, «salue la grande qualité» de ces travaux.

«Pour moi, il s'agit de déraciner le peuple français…», s'inquiète Malika Sorel-Sutter, ancien membre du Haut Conseil à l'intégration. Ce Haut Conseil à l'intégration dont les experts critiquent «l'appellation», dénoncent l'opposition «à la promotion d'un Nous inclusif et solidaire» et concluent qu'«il y a donc lieu d'y mettre fin».


(1) Parmi les propositions controversées, la contestation de la suprématie de la langue française, avec l'étude de l'arabe et des langues africaines, l'autorisation du voile à l'école et la création d'un délit de harcèlement racial ainsi que d'une Cour des comptes de l'égalité. Des rues et places pourraient être également nommées en écho à l'histoire des migrations et les programmes d'Histoire révisés (sic !!!) , tandis que les médias se verraient interdire toute mention de nationalité ou d'appartenance ethnique.

S'opposant à une laïcité "orthodoxe", les auteurs estiment que ce qui fait le "vivre ensemble" ne doit pas être prédéterminé "par la société majoritaire et ses élites", mais être le fruit d'un processus à la fois ascendant et descendant. Ils préconisent aussi de revoir l'ensemble des circulaires et textes de loi "qui comportent des mesures discriminatoires ou dont les effets induits sont des processus discriminatoires".

Après la dissolution du Haut Conseil de l'Intégration en 2012, Jean-Marc Ayrault avait fait part de son intention de "renouveler en profondeur l'approche des questions d'intégration en France".


Accusé par l'opposition de tourner délibérément le dos à la politique d'intégration le premier ministre s'eest fendu d'une diatribe inhabituellement accusatrice

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Sauf que selon BFMTV... c'est bien lui qui a commandé ce rapport, accompagné de cet ordre de mission on ne peut plus explicite: "changer la politique d'integation":

Posté par dissidence à 13:18 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
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