DISSIBLOG

16 mai 2014

Manuel Gaze imperator

"J’ai eu cette semaine la surprise d’être convoquée à la Sureté départementale pour y être auditionnée dans le cadre d'une plainte pour diffamation. Déposée par Mr Valls lui-même, elle fait suite à la mise en ligne par "les Enfants des terreaux" d’un photomontage humoristique détournant le logo d’une célèbre marque d’eau minérale au lendemain de la "manif pour tous » du 24 mars 2013. Les forces de l’ordre, alors sous les ordres de M. Valls, avaient en la circonstance fait usage de bombes et grenades lacrymogènes sur les manifestants, dont de nombreux enfants et personnes âgées. Mon audition "libre" avait pour but d’établir les liens que j'entretiendrais avec ce groupe ainsi que la part éventuelle que j'aurais prise à la conception et à la mise en ligne de ce visuel.

Au delà des tentatives d’intimidations que la police a exercé sur l’élue et la candidate aux Européennes que je suis (convocation à domicile, menaces de perquisition, de garde à vue, etc.), qui sont autant de manœuvres indignes au moment où la campagne électorale bat son plein, il me semble que cet épisode nous éclaire un peu plus et sur la personne de notre 1er ministre et sur l’usage qu’il fait des services de l’État.

On peut regretter que, malgré des postures de « fier-à-bras », M. Valls fasse montre d’une sensibilité de jeune fille : sa réaction laisse penser que notre 1er ministre est, au mieux, hermétique à la tradition d'impertinence que tant d’esprit Français ont incarné, de Montaigne au professeur Choron en passant par Beaumarchais ou Honoré Daumier, ou qu'il est au pire dangereusement prompt à restreindre la liberté d’expression…

Je n’aurais pas l’outrecuidance de lui rappeler que ce visuel est une broutille de potache par rapport à ce que le Front National et ses cadres (voire, et c’est encore plus grave ! leurs électeurs) ont l’habitude d’encaisser…A tout le moins, ce dépôt de plainte nous enseigne qu’avec Manuel Valls l’austérité ne touche pas seulement nos portefeuilles. Elle s'en prend aussi à l'esprit français, qu'elle étrique, en attaquant une liberté d’expression dont on sent que le premier Ministre ne saurait que faire pour lui-même

Par ailleurs, le manque de mesure de M. Valls a quelque chose d'obscène. La disproportion des moyens utilisés par rapport à l’affaire est en effet flagrante : le service qui enquête sur cette affaire, la brigade de protection infantile, sans aucun doute mobilisé à raison de son expertise en matière de retraçage d’adresse IP, perd aujourd’hui un temps précieux à traquer une bande de potaches. Ses membres m'ont eux-mêmes rappelé que leur vocation habituelle était d'arrêter les pédophiles et cyberpédophiles et d’enquêter sur les crimes sordides commis sur les enfants (viols, agression, séquestration, enlèvement, etc).

Tout ce temps et cette énergie déployés à la seule fin de soulager l’ego égratigné d’un ministre, fût-il le premier, signale une conception narcissique de l’autorité. Elle ne peut que perturber la conduite des affaires de l’Etat. Elle offre le triste spectacle d’un régime à bout de souffle. A l’heure où les Français traversent de graves difficultés, qu’ils se gardent d’en rire, même jaune : l’humour n’a plus cours en Hollandie !"

© Agnès Marion, Conseillère d’arrondissement FN dans le 7ème arrondissement de Lyon, Colistière de Jean-Marie le Pen pour les élections européennes 2014

Posté par dissidence à 23:20 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
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