DISSIBLOG

10 mars 2015

Après le cordon saniataire, le noeud coulant

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[...] accepter de relever le plafond des T-Bills eût signifié, pour les Européens, donner à la Grèce du temps. Du temps que le gouvernement d'Alexis Tsipras aurait pu mettre à profit pour lancer son programme de lutte d'urgence contre la pauvreté ou d'autres mesures phare du programme de Syriza. Tandis que, tant que le gouvernement doit courir après le moindre centime d'euros pour boucler ses fins de mois, il ne peut rien engager de sérieux pour le pays. Donner du temps à la Grèce, ce serait lui donner de la liberté. Et c'est précisément cela que les Européens cherchent à éviter. Aussi la BCE s'est-elle empressée de refuser tout relèvement du plafond des T-Bills. Et le pouvoir reste-t-il dans les mains de l'Eurogroupe et de la BCE qui, pour libérer l'argent du FESF et de l'ELA au compte-goutte, peuvent dicter ses conditions à un gouvernement hellénique aux abois. On a vu ainsi lundi matin, Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe estimer que les propositions de réformes grecques sont "loin d'être complètes."  C'est ce fameux « nœud coulant » dont parle Alexis Tsipras dans son interview au Spiegel.

Motivations politiques

Mais l'intérêt de ce nœud coulant est, en réalité, politique. Athènes ne cesse en effet de proposer des réformes et les Européens ne cessent de faire les bégueules face à ces propositions, demandant davantage ou demandant à voir. C'est qu'en réalité l'essentiel n'est pas là : il réside dans le refus de définir une nouvelle voie pour la Grèce. Depuis le 25 janvier, la politique européenne ne vise en effet qu'à discréditer l'option Syriza, pour prouver aux Européens l'inutilité de tels votes pour faire un exemple. Il s'agit de prouver par les faits qu'aucune alternative n'est possible.

Or, l'asphyxie par la trésorerie est une méthode sûre. D'abord, elle paralyse le gouvernement et l'empêche d'agir. Ceci sape progressivement sa popularité, puisqu'il est incapable de réaliser ses promesses, ni même de les engager et que la situation économique se dégrade. Ceci sape ensuite l'unité de la coalition en renforçant l'aile gauche de Syriza qui est évidemment légitime pour dénoncer cette paralysie et le pouvoir donné aux Européens. Enfin, en ne délivrant les fonds qu'à ses conditions, l'Eurogroupe peut espérer imposer la poursuite de « son » programme de réformes afin de pouvoir proclamer sur pièce la « conversion au bon sens » de Syriza.

Bref, derrière l'apparente querelle de trésorerie se cache de véritables buts politiques.

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ND: avertissement sans frais à l'intention de certain(s) parti(s) européen(s) tenté(s) par la dissidence ?

Posté par dissidence à 07:57 - Europe - Commentaires [0] - Permalien [#]
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