DISSIBLOG

02 juin 2015

Bouffonneries « républicaines »

Ce sont les mots de François Sureau à propos de la cérémonie récente organisée au Panthéon pour y introduire les cercueils de quatre personnalités françaises :

"Il n’est pas toujours besoin de grands drames pour mesurer la dégradation intellectuelle et morale des acteurs de la « scène publique ». Parfois de petits événements bien français y suffisent. On apprend ces jours-ci que le gouvernement a décidé le transfert au Panthéon des cendres de quatre résistants, deux hommes et deux femmes (...) Des quatre cercueils transportés dans ce temple bizarre où voisinent des notaires inconnus, d’authentiques héros, des écrivains aux talents variés, deux seront vides. Les familles de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle s’étant opposées à l’ouverture des caveaux de famille, leurs deux cercueils seront conduits au Panthéon lestés seulement d’un peu de terre. Il faut s’arrêter sur ce moment de dinguerie républicaine, dont le plus curieux est qu’il n’étonne plus personne (...)"

On pourra toujours pointer du doigt l'idéologie du président Hollande dont le choix n'est pas politiquement innocent comme l'a dénoncé Présent qui qualifie l'évènement de Panthéonnade :

"Quatre figures, deux hommes, deux femmes » qui, tous, à un moment ou à un autre de leur vie, voire leur vie durant, ont agi, volontairement ou involontairement, contre leur patrie. Le discours consternant de révisionnisme et de niaiserie républicaine d’un président obsédé à l’idée de marquer l’Histoire. Sans oublier, bien sûr, l’inévitable couplet sur « ces haines (qui) reviennent » et qu’il faut absolument « conjurer ». Certes, il ne fallait pas attendre de miracle de cette bouffonnerie républicaine. Les noms des « panthéonisés », choisis par Hollande en personne et non par un comité de sages comme il est d’usage, annonçaient à eux seuls la couleur : de Jean Zay, pour qui notre drapeau était « de la race vile des torche-culs » à la porteuse de valises Germaine Tillon, en passant par le franc-maçon Pierre Brossolette et la militante des droits de l’Homme Geneviève de Gaulle-Anthonioz, nul doute que La Patrie, la vraie, ne serait guère à l’honneur ce jour-là (...) « L’amour de leur patrie »… On a beau être habitués aux énormités « hollandaises », on en mourrait presque de rire (...)"

Mais puisqu'on en est à étudier cette "dinguerie" ou "bouffonerie" républicaine, savez-vous que de très nombreux cercueils ou caveaux qui se trouvent au Panthéon sont vides ou presque. Nous sommes donc plus dans un théatre des "valeurs républicaines" que dans un sépulcre :

"En revanche, la dépouille de Jean Zay sera bien dans son cercueil. Quant à Pierre Brossolette, il s'agira des cendres de l'homme incinéré au Père Lachaise (...) Des tombes sans corps, le Panthéon en connaît d’autres. Ainsi, le cercueil de Nicolas de Condorcet - marquis du 18e siècle "panthéonisé" en 1989 - est vide. Sa dépouille n’a jamais été retrouvée (...) Certains cèdent uniquement une partie du corps de leurs proches. Pour Léon Gambetta, ce sera son cœur. D’autres y laissent une dépouille incomplète. Louis Braille, inventeur de l’écriture pour les aveugles, est inhumé sans ses mains, restées dans le caveau familial à Coupvray (...)

En 1964, le ministre de la Culture de Charles de Gaulle, André Malraux, accueille la dépouille imaginaire de Jean Moulin au Panthéon. Mort en 1943 dans un train qui l’emmenait en Allemagne, le résistant a été incinéré. Ce sont ses "cendres présumées" qui, mêlées de sable, gisent au Panthéon, raconte "Le Monde" (...) Le corps d’Albert Camus n’a pas quitté le Vaucluse, à la demande de son fils (...) En 2011, Aimé Césaire entre au Panthéon. Aucune urne, aucune cendre ne sera transférée à Paris. Le poète et homme politique a toujours voulu être enterré en Martinique, son île natale. Une inscription sera alors gravée dans la crypte.

 

Posté par dissidence à 22:52 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
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