DISSIBLOG

20 novembre 2016

Primaire de la droite: vote musulman "tactique" ?

Résultat de recherche d'images pour "Nabil Ennasri"Dimanche 20 novembre aura lieu un événement décisif pour l’avenir politique de notre pays. Les sept postulants de la primaire de la droite et du centre s’affronteront dans l’espoir de devenir le candidat du parti Les Républicains pour l’élection présidentielle de 2017. A l’issue de ce vote qui se jouera sur deux tours (20 et 27 novembre), le vainqueur aura toutes les chances de devenir le prochain président de la République. Cet article a pour objet de détailler, en cinq points, pourquoi cette primaire est déterminante et pourquoi nous devons massivement y participer.

1/ La première des choses à dire est de rappeler que la France, à l’instar des nombreux pays d’Occident, connaît une vague de populisme qui s’illustre notamment par la montée en puissance des mouvements d’extrême-droite. La crise économique, le chômage de masse, le déclassement social de nombreuses couches de la population ont nourri un fort mécontentement populaire. Tous les observateurs s’accordent à dire qu’une grande partie de l’opinion est en colère et que le désir de renouvellement est puissant. Nous avons vu comment aux Etats-Unis cette équation peut pousser l’électorat à voter pour un homme que personne ne voyait remporter la présidentielle et dont le programme politique était aussi vide que dangereux. Beaucoup d’Américains regrettent de ne pas avoir voté. Si nous souhaitons ne pas ressentir les mêmes remords demain, il nous faut prendre aujourd’hui nos responsabilités.

2/ Cette conjoncture politique fait en France le jeu de la droite et de l’extrême-droite. Après un quinquennat gâché où de nombreuses promesses ont été trahies et où, de loi du Travail incompréhensible à un Manuel Valls toujours porté à stigmatiser les musulmans, la gauche sort politiquement en ruine et idéologiquement en détresse. Rarement le bloc de gauche n’aura été aussi faible dans l’opinion et rarement, on aura vu un gouvernement dit de « gauche » renier autant ses fondamentaux pendant l’exercice du pouvoir. Le pire pour la gauche est d’ailleurs devant elle : lors de l’élection présidentielle d’avril prochain, elle sera plus divisée que jamais et cette dispersion créera les conditions de son élimination dès le premier tour. En effet, avec les candidatures de Jean-Luc Mélenchon, de François Hollande (ou de Manuel Valls), d’Emmanuel Macron, des Verts (et d’autres encore !) il n’y a quasiment aucune chance à ce qu’un de ses candidats ne se maintienne au second tour.

3/ Cette configuration offre un boulevard électoral à Marine Le Pen. En progression constante depuis des années jusqu’à devenir le premier parti de France suite aux élections régionales de l’an dernier, le Front National poursuit une ascension qui semble irrésistible. Le débat public plaide pour lui : la défiance envers des élites de plus en plus déconnectées des réalités sociales, le marasme économique qui s’installe sans oublier les sempiternelles polémiques autour de l’islam font le jeu de son discours de rupture. Dans une France encore sous le choc d’attentats meurtriers, nul doute que Marine Le Pen continuera à capitaliser sur une frustration généralisée qui n’augure rien de bon.

4/  C’est donc ici que se joue l’importance du vote des primaires. Avec une gauche brisée et fragmentée, le deuxième tour de l’élection présidentielle s’annonce comme un duel entre d’un côté le candidat des Républicains et de l’autre Marine Le Pen. Mais comme cette dernière ne peut (jusqu’à quand?) regrouper derrière elle plus de 50% de l’électorat, c’est mécaniquement le candidat de droite qui l’emportera et finira à la tête de l’Etat. Il est donc crucial de pouvoir peser sur le choix du vainqueur de la primaire de la droite pour avoir « le président le moins pire ». Demain, les choses se présentent donc comme suit : sur les sept candidats en lice, seuls Nicolas Sarkozy, François Fillon et Alain Juppé peuvent espérer se qualifier pour le second tour. Sur ces trois prétendants, il y a un candidat au programme très mauvais et deux autres dont les propositions relèvent du pire. François Fillon et Nicolas Sarkozy se sont engagés ces dernières semaines dans une surenchère islamophobe dans l’espoir de récolter les dividendes électoraux d’un discours « sans concessions ». En plus de cliver davantage une société qui devrait se rassembler, ils comptent sur cette image d’intransigeance pour glaner des voix auprès des électeurs de la droite dure dont ils pensent qu’ils constituent le pivot de leur électorat naturel. En plus de cette spirale populiste, Fillon propose la suppression de plus de 500 000 postes de fonctionnaires, ce qui revient à dépecer le modèle social français. Avec ces deux candidats, non seulement la cohésion de la nation est menacée mais nos acquis sociaux sont également en péril. Il faut donc d’urgence leur barrer la route par un vote qui ne sera pas un vote d’adhésion pour Alain Juppé mais un vote tactique destiné à faire élire le moindre des trois maux.

5/ Dernière chose : pendant trop longtemps, la caractéristique majoritaire du « vote musulman » a été l’abstention. Absent des débats de société et non influent politiquement, leurs revendications de respect ont toujours été écartées par des appareils politiques qui ne voyaient pas l’intérêt de courtiser un segment de la société qui ne se déplace pas aux urnes. Il est urgent de sortir de la posture des « derniers de la classe » pour peser sur un épisode politique décisif pour l’avenir du pays. Tant que nous ne comprendrons pas que c’est notre absence des bureaux de vote qui nourrit les postures les plus agressives à notre égard, nous resterons les champions de « l’indignation sur le canapé ». Sauf que ce n’est pas la lamentation derrière son clavier ou son écran de télévision qui permet d’influencer le résultat d’une élection mais plutôt l’engagement politique sur le terrain local.

Pour être très pratique et savoir ce qu’il faut faire pour voter demain, munissez vous de votre carte d’électeur et de 2 euros. Dirigez-vous vers le bureau de vote le plus proche de chez vous dont vous trouverez l’adresse sur le site : http://www.monbureau.primaire2016.org/

Allons-y! Il nous faut être partie prenante de la France de demain en écartant à notre pays la perspective d’un naufrage moral et d’un désastre politique. (°)

Nabil Ennasri  activiste islamiste proche de Tariq Ramadan


(°) comprendre pour les intérêts islamiques bien compris ...

Posté par dissidence à 19:43 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Commentaires

Poster un commentaire