DISSIBLOG

10 novembre 2017

Le vrai message de la levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen

Levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen: abolition révolutionnaire de la politique


Levée Immunité Parlementaire Marine Le Pen Abolition Révolutionnaire PolitiqueL’immunité parlementaire de Marine Le Pen a été levée par le bureau de l’assemblée nationale. C’est une décision politique, qui plus est révolutionnaire : elle prononce l’abolition de la distinction entre politique et droit commun si chère au gauchisme révolutionnaire et fait du juge le maître de la politique.
 
Stéphane Ravier, sénateur maire de Marseille, a publié un tweet où il s’étonne que l’assemblée n’ait levé l’immunité parlementaire ni de Pascale Obono ni de Richard Ferrand alors qu’elle a voté celle de Marine Le Pen. Il constate en effet qu’un député peut, sans voir son immunité parlementaire levée, « magouiller avec l’argent des mutuelles bretonnes » ou « signer des pétitions pour soutenir Nique la France », mais qu’il n’a en aucun cas le droit de « dénoncer les exactions de Daesh, preuves à l’appui », sous peine d’encourir les foudres de ses pairs, puis celles de la justice.
 

Marine Le Pen dénonçait l’islamisme révolutionnaire

 
C’est en effet pour avoir publié sur son compte Twitter des photos d’assassinats particulièrement ignobles perpétrés par Daech, accompagnées de la mention : « Daech c’est ça » que Marine Le Pen est poursuivie par le parquet de Nanterre. Pour « diffusion d’images violentes ». Or la publication des twitts incriminés a été provoquée par l’interview de l’islamologue Gilles Keppel par Gilbert Bourdin. Celui-ci avait mis en comparaison la montée du FN en France avec celle de l’État islamique, en qui il voit « deux phénomènes qui se ressemblent ». Bourdin fondait son propos sur le « repli identitaire », qui servirait de fonds de commerce au Front national. Il a dénoncé « une communauté d’esprit. Parce que l’idée, pour Daech, c’est de pousser la société française au repli identitaire ». Marine Le Pen entendait donc « dénoncer le parallèle ignoble entre l’EI et le Front national », non faire l’apologie de la violence, et encore moins du terrorisme, bien évidemment.
 

Une attaque politique contre la liberté parlementaire

 
A l’exception de Clémentine Autin, les vingt-deux membres du bureau de l’assemblée nationale, refusant de se prononcer sur le fond de l’affaire, ont jugé « sérieuse, sincère et loyale » la demande du parquet de Nanterre et ont donc voté la levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen. Cette petite astuce juridique leur a permis de justifier ce que Marine Le Pen considère comme une « décision de basse  politique politicienne ». Elle a par ailleurs noté que « la liberté d’expression et de dénonciation, qui est consubstantielle au rôle de député, est morte avec cette décision ». C’est d’ailleurs ce qui a motivé le non de Clémentine Autin.
 

Marine Le Pen victime d’une justice révolutionnaire

 
Au-delà des piètres arguties juridiques, du traditionnel deux poids, deux mesures et des décisions ad hominem, Marine Le Pen n’a pas dénoncé ce qui est réellement grave dans cette décision, ce qui en fait la portée révolutionnaire. Deux éléments la constituent. D’abord, en affirmant contre tout bon sens, contre l’évidence du dossier, le caractère, « sérieux, sincère et loyal » de la demande de poursuite présentée par le parquet de Nanterre, le bureau de l’Assemblée fait des juges les maîtres absolus du débat politique. C’est ahurissant : quand on sait que les rôles de la justice sont encombrés, que des magistrats osent dépenser l’argent du contribuable en de telles poursuites en dit long sur le délabrement de l’État et le progrès de la Révolution.
 

La levée de l’immunité réservée à des affaires de droit commun

 
Ensuite, surtout, l’immunité parlementaire a été établie pour rendre les parlementaires indépendants, pour qu’ils ne craignent pas les poursuites du pouvoir en matière politique : s’ils commettent un crime de droit commun, en revanche, elle ne les protège pas. Si Marine Le Pen avait violé l’un de ses assistants, la levée devrait être votée. Même dans l’affaire des emplois fictifs au parlement européen, si le dossier était solide, on pourrait à la rigueur comprendre une demande de levée. Mais dans une affaire politique, où il s’agit, en réponse à un amalgame évidemment infondé, de montrer ce qu’est la réalité de l’État islamique, et en quoi il diffère du FN, il n’y a pas photo, il ne saurait y avoir de demande sérieuse de la justice ; celle-ci fait ostensiblement de la politique, en fondant sa démarche sur la suppression, constamment postulée par la pensée révolutionnaire postérieure à mai 68 entre droit commun et politique. Ce que l’assemblée nationale vient de voter, c’est donc ni plus ni moins que l’abolition de la politique.
 

Pauline Mille

Posté par dissidence à 10:04 - France - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Liberté ?

    Ce que l’assemblée nationale vient de démontrer c’est surtout qu'elle est à la botte de celui qui entend bien imposer aux Français par la force s'il le faut sa volonté, quitte à bannir du pays de la "libre expression" toute liberté d'expression... et bientôt toutes nos libertés !

    Posté par Kracoucas, 11 novembre 2017 à 07:18

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