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05 mars 2018

L'Italie bascule dans l'europhobie

Résultat de recherche d'images pour "botte italie coup de pied au cul"Les Italiens ont voté dimanche, à droite et pour les forces antisystème, mais sans parvenir à dégager une majorité claire, selon les dernières indications. Si cela laisse envisager plusieurs scénarios possibles, cinq enseignements peuvent d'ores et déjà être tirés de ce scrutin capital.


 

Pour comprendre totalement l’ampleur du choc politique que vient de connaître l’Italie, et la nature du gouvernement qui pourrait en ressortir, il faut encore attendre les résultats complets et précis des élections législatives d’hier, en termes de sièges. Mais on peut déjà tirer cinq enseignements très clairs.

Les 5 Etoiles en pointe

Le Mouvement 5 Etoiles, fondé par Beppe Grillo en 2009 et dirigé par Luigi Di Maio, est désormais, et de loin, le premier parti italien. Il obtient plus de 30% des suffrages sur l’ensemble du pays, et s’affirme particulièrement dans le Sud du de l’Italie.

Né comme un mouvement de contestation des élites et de la corruption du système politique, le M5E a manifestement su capter le malaise et la colère de zones entières du pays où le chômage, en particulier des jeunes, frappe le plus. Il reste néanmoins une force présente sur l’ensemble du territoire, y compris au nord, bien qu’avec des scores moins élevés.

La percée de la Ligue du Nord

La Ligue du Nord fait une percée fracassante à droite. Elle réalise son meilleur score historique au-dessus des 18%, grâce à des résultats très élevés au Nord, son lieu naturel d’affirmation, mais aussi en perçant au Centre et au Sud de l’Italie.

C’est la consécration de la stratégie de Matteo Salvini, qui a transformé ce parti initialement régionaliste en une Ligue nationale souverainiste. La Lega dépasse ainsi son allié de toujours, Forza Italia de Silvio Berlusconi. C’est l’une des données politiques les plus importantes du scrutin, qui va peser durablement sur les équilibres à droite.

La coalition de droite en tête

La coalition de droite, grâce donc à la Ligue, arrive ainsi en tête. Avec entre 36 et 37% des suffrages (il faut attendre pour avoir le décompte en sièges), mais il est trop tôt pour savoir exactement combien de sièges la sépare de la majorité absolue à l’Assemblée. Forza Italia, de Silvio Berlusconi, réalise son plus mauvais score depuis son lancement en 1994, et marque le déclin probable du parti tel qu’il a fonctionné.

Le parti Démocrate en déroute

Le Parti Démocrate de Matteo Renzi subit lui une cinglante défaite. Incapable de gagner au Nord, assiégé dans certaines régions de l’Italie du centre où il domine traditionnellement le jeu politique, et complètement dépassé par le M5E au Sud.

C’est un revers majeur pour Matteo Renzi, qui aura porté le PD à son plus haut niveau (40% en 2014) et son plus bas score (sous la barre des 20%) en moins de quatre ans. Cela confirme la baisse structurelle de la social-démocratie un peu partout en Europe, même si de manière moins vertigineuse qu’en France.

Résultats : une révolution politique

A elles seules, les formations radicalement antisystème (M5E) ou radicalement à droite (Lega, et Fratelli d’Italia) remportent plus de 50% des suffrages. Et les deux partis « mainstream » incarnant les élites de gouvernement, le PD et Forza Italia, atteignent à peine 35% voix à eux deux.

C’est une révolution politique, avec deux conséquences.

Un, la recherche d’un compromis pour la composition d’une majorité au Parlement va être particulièrement difficile et sensible, puisqu’elle repose sur des forces qui n’ont jusqu’ici jamais exercé le pouvoir suprême.

Deux, l’impact sur le positionnement européen de l’Italie est considérable. Longtemps le pays le plus attaché à la construction européenne, il est aujourd’hui l’un des plus eurosceptiques, en raison du coût social de la crise des sept dernières années, et de l’impact fortement ressenti de la crise migratoire qui a vu l’Italie, isolée, face à des flux sans précédents.

Posté par dissidence à 15:48 - Europe - Commentaires [0] - Permalien [#]
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