DISSIBLOG

01 juin 2018

Europe du sud: le jeu de massacre continue

Le chef du gouvernement conservateur espagnol Mariano Rajoy, au pouvoir depuis 6 ans, a été renversé par une motion de censure ce vendredi matin.


 

C'est une première depuis le rétablissement de la démocratie. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy a été renversé, vendredi, par une motion de censure. Les trois précédentes, en 1980, 1987 et 2017, avaient échoué.

Dès jeudi soir, le sort du gouvernement Rajoy était scellé. Le socialiste Pedro Sanchez réussissait à s'assurer assez de voix pour l'adoption de la motion de censure, grâce au ralliement des nationalistes basques. Ces derniers avaient pourtant voté le budget la semaine dernière. Sanchez a dû leur assurer que les largesses qui étaient attribuées au Pays basque ne seraient pas touchées. Les Catalans se sont vus promettre un plus grand dialogue avec le gouvernement indépendantiste.

Comme prévu, 180 députés de l'alliance hétéroclite (sur 350) ont ainsi approuvé en fin de matinée la motion de censure à l'encontre du gouvernement Rajoy. Lucide, le président du gouvernement avait prédit ce résultat, plus tôt dans la matinée.

Scandale

Le Parti populaire (PP), formation de Mariano Rajoy est empêtré dans plusieurs scandales. La condamnation récente dans un procès pour avoir bénéficié de fonds obtenus illégalement aura donc été l'affaire de trop. Dans cette affaire, les juges ont conclu à l'existence d'un «authentique système de corruption institutionnelle» entre le PP et un groupe privé à travers la «manipulation de marchés publics», ainsi qu'à l'existence d'une «caisse noire» au sein du parti.

Tout reste à faire pour Pedro Sanchez, qui a été désigné chef du gouvernement dans la foulée. Monté au front contre Mariano Rajoy dès l'annonce le 24 mai de la condamnation du PP, il a tenté cette fois avec succès un coup de poker politique. Sa majorité s'étend de Podemos aux indépendantistes catalans et aux nationalistes basques du PNV.

Élections

Reste à savoir désormais combien de temps Pedro Sanchez, qui veut faire adopter des mesures sociales et a promis de convoquer par la suite des élections, sera en mesure de gouverner avec une majorité qui apparaît totalement instable. Ses alliés de circonstance ont d'ailleurs tous souligné que leur vote contre Rajoy n'était pas un chèque en blanc. Podemos a déjà réclamé d'entrer au gouvernement.

Des élections anticipées ne sont donc pas à exclure. Les prochaines élections législatives sont prévues normalement en 2020. De nombreux observateurs estiment cependant qu'il est peu probable que Pedro Sanchez appelle à un nouveau scrutin avant les élections européennes, municipales et régionales prévues en mai 2019.

Posté par dissidence à 14:48 - Europe - Commentaires [0] - Permalien [#]
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