DISSIBLOG

28 juillet 2018

La « république », une monarchie paralysante et intrusive

Voilà une vidéo qui résume tout le grotesque de la monarchie absolue dite « présidentielle » qui prévaut en France. En déplacement dans les Pyrénées, le président français, Emmanuel Macron, a longuement discuté de la gestion des abattoirs dans le département où il se trouvait.

Chef d’état doté de pouvoirs si étendus qu’aucun équivalent n’existe dans le monde occidental, le président français peut se piquer de tout, souverainement. Surtout dans les domaines auquel il ne connaît rien.

Tel est le paradoxe de ce régime présidentiel hexagonal qui coiffe un système hypercentralisé, inerte et sclérosé.

Si a contrario des Landers allemands les régions de l’Hexagone ne disposent d’aucune capacité fiscale propre et ne peuvent prendre aucune initiative stratégique au plan économique sur le territoire qu’elle administre, le monarque français peut s’ingérer à sa guise et se livrer à de la micro-gestion, au gré de son humeur.

Le souverain français peut deviser alternativement sur les droits de l’homme en Syrie, sur le féminisme en Russie ou sur la qualité des produits de la filière d’abattage des Pyrénées-Orientales. La presse d’état rapporte scrupuleusement les propos du monarque.

Ce nombrilisme n’est pas celui d’un homme mais bien du système jacobino-napoléonien, rongé par une pathologie de la grandeur et de la toute-puissance.

Les voyages du monarque dans les « régions » suivent un immuable rituel : mise en scène en compagnie de petits notables prospérant du système politique à un titre ou un autre, la plèbe étant soigneusement écartée.

Lors de tels déplacements, le despote éclairé qu’est tout président français se met en scène tour-à-tour comme ingénieur, entraîneur sportif, spécialiste de l’agro-alimentaire, supporter de football, officier de l’armée de l’air.

La presse d’état hexagonale aime à se moquer de la Corée du Nord et de sa propagande, on peut légitimement se demander pourquoi.

Ce jeu de rôle permanent ne nécessite pas d’avoir une efficacité quelconque dans les domaines concernés : il s’agit pour le système républicano-monarchique de s’admirer et de se magnifier à travers l’image de son Leader.

Ce système est faible de son omnipotence : la concentration des pouvoirs est telle entre les mains du despote que, dans les faits, ceux-ci ne peuvent être utilisés, faute de temps et d’expertise.

Démonstration caricaturale de cette réalité : la réforme territoriale initiée par François Hollande pour les seuls besoins de sa communication. Une décision prise, dans son Palais, en dépit du plus élémentaire bon sens sans que personne ne puisse s’y opposer.

Cette concentration ne vise pas tant à être utilisée qu’à empêcher la société civile de s’en emparer. Monopole de l’aristocratie technocratique française oblige.

La république monarchique hexagonale était conçue par De Gaulle pour donner les coudées franches à un chef de l’état volontariste. L’hypercentralisation supposait, en parallèle, une hyper étatisation afin de donner les moyens politico-administratifs de sa politique au monarque.

Dans les faits, cet état hypercentralisé a imposé son inertie au profit d’une caste d’aristocrates – les hauts fonctionnaires – toute puissante.

Il ne peut y avoir de réformes d’ampleur dans un tel système. Comme sous l’Ancien Régime.

Posté par dissidence à 10:53 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
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