DISSIBLOG

09 janvier 2019

Quand république rime avec mafia

Juan Branco sur le système Macron : “Ces êtres ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption”Le pays entre en des convulsions diverses où la haine et la violence ont pris pied. L'enquête qui suit sur les ressorts intimes du pouvoir macroniste, écrite en octobre 2018, vient donner raison à ces haines et violences que l'on s'est tant plus à déconsidérer. Impubliable institutionnellement, elle l'est du fait des liens de corruption, de népotisme et d'endogamie que l'on s'apprête à exposer. Tous les faits, pourtant, ont été enquêtés et vérifiés au détail près. Ils  exposent  un  scandale  démocratique  majeur:  la  captation  du pouvoir par une petite minorité, qui s'est ensuite assurée d'en redistribuer l'usufruit auprès des siens, en un détournement qui explique l'explosion de violence à laquelle nous avons assisté.

Qui l'explique car le scandale dont il est sujet n'a pas été dit ni révélé, nourrissant à force de compromissions successives une violence qui ne pouvait qu'éclater. En un pays où 90% de la presse est entre les mains de quelques milliardaires, l'exposition de la vérité est affaire complexe, et la capacité à dire et se saisir du réel ne cesse, pour les dirigeants et les «élites» tout autant que pour le «peuple», de se dégrader.

Un Français sur deux –sondage yougov du 4 décembre 2018–souhaite la démission de Macron. Il faut mesurer la force de ce chiffre: il ne s'agit pas de dire que le Président de la République déplairait à un Français sur deux. Mais qu'un Français sur deux, dont une immense  majorité  croit  et  adhère  au  système  politique  existant,  à peine un an après une élection présidentielle, considère que son résultat devrait être invalidé par le départ de celui qui théoriquement devait les diriger pendant cinq ans. Il n'est pas difficile d'en déduire qu'une très ample majorité l'approuverait, si cette chute ou destitution intervenait. Comment l'expliquer, alors que formellement, cet être semble avoir respecté l'ensemble des conditions qui font qu'une élection puisse apparaître démocratique?

Tout simplement, en montrant que cet être n'a respecté que formellement notre système démocratique, et l'a au contraire effondré. Et que l'illégitimité ressentie par une majorité de nos concitoyens correspond à une réalité. Cela, nos journalistes et commentateurs, partis politiques, se refu-seront toujours à le dire et à le croire, à l'enquêter. Cela est naturel, car, nous allons le montrer, ils ont été complices et principaux vecteurs du viol démocratique qui est intervenu, jeu d'apparences où l'on a présenté un être au peuple pour en masquer la réalité. Les mots sont durs. Et pourtant, vous allez le découvrir: ils sont justifiés. Celui que nous nous apprêtons à abattre symboliquement a pris le pouvoir, littéralement, aux dépens des principes démocratiques et républicains auxquels nous adhérons, et par lesquels nous demandons son départ ou sa destitution.Il n'y a nulle sédition dans l'appel au départ d'Emmanuel Macron, car c'est lui, et les intérêts qui l'ont formé, qui pour prendre le pouvoir se sont comportés en séditieux. Mesurons l'importance de ces mots, qui nous départissent d'un quelconque désaccord politique: c'est le sens même de notre confrontation à cet être, l'idée même que nous appartiendrions à un même ensemble, qui s'en trouve affectée.

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Extrait:

Benjamin Griveaux, lorsqu’il était conseiller ministériel, touchait plus de 10 000 euros par mois au cabinet de la “socialiste” Marisol Touraine pour du “conseil politique”. Cela ne suffisant pas, il partît vendre son “influence” à Unibail (“influence”, terme que l’élite utilise pour “corruption”) pour 17 000 euros par mois. Sa mission? “S’assurer que personne au ministère des finances ne propose d’abolir une niche fiscale favorable à l’entreprise.” Ses moyens ? Les réseaux que l’Etat lui avait confié. Nous étions en 2014.

Entre temps, il octroyait à son ex-futur ami Attal, Gabriel, 23 ans, aucune expérience professionnelle ni diplôme du supérieur au compteur, un salaire de 6 000 euros par mois dans le même cabinet, où il le chargeait de recruter chargés de missions – et parlementaires socialistes qui serviraient à faire en sous-main la campagne de Macron.

Attal était, théoriquement, rémunéré pour servir l’Etat, par le ministère de la santé et des affaires sociales. Il avait pour cela voitures de fonction, secrétaires et chefs cuisiniers à disposition. Il mettrait ces moyens au service de son ambition.

Au même moment, le cabinet Macron explosait les limites imposées par François Hollande en termes de conseillers. Il n’en comptait pas moins de… six en communication. Stéphane Séjourné, ancien lobbyiste, compagnon de Gabriel Attal, propulsé chez Macron après avoir été recruté chez Huchon, et Ismaël Emelien, ancien d’Havas dont la femme y travaillait et qui ferait attribuer des contrats sans appel d’offre à la multinationale pour des montants supérieurs à 300 000 euros sur les fonds de communication du ministère, y organisaient des événements pléthoriques avec les moyens de l’État pour préparer la campagne d’Emmanuel Macron, séduisaient les parlementaires, bref, préparaient eux aussi au détriment du bien commun l’ascension de leur chef.

Gabriel Attal, 29 ans, est devenu député, porte-parole du parti puis ministre grâce au soutien de Stéphane Séjourné, qui dirigeait effectivement le comité d’investitures d’En Marche et s’occupait des nominations du groupe LREM à l’Assemblée. Séjourné – qui a masqué sa relation et les renvois d’ascenseur qu’il mettait en place avec Attal sous le prétexte commode de l’impossible outing, alors qu’ils étaient pacsés – a été nommé à l’Elysée comme conseiller politique, tandis qu’Ismaël Emelien – qui y a recruté Ludovic Chaker, lui-même en charge du recrutement d’Alexandre Benalla, en charge de la mise en place d’une “garde prétorienne” que les menus excès de ce dernier ont fait tomber – était nommé conseiller spécial. Toujours rémunérés aux frais de l’Etat.

Griveaux est lui devenu ministre et porte-parole du gouvernement, avant de faire exploser ses dépenses en cabinet. Tous ont trahi leurs familles politiques d’origine, mais aussi leurs fonctions et cet Etat qui les a rémunérés et propulsés aux plus hautes responsabilités. Alors faut-il vraiment se montrer surpris que le système qui les a propulsés se remette en place maintenant qu’ils sont au pouvoir, qu’ils octroient des salaires délirants à leurs propres conseillers après s’être eux-mêmes servis?

Faut-il s’étonner que Attal et Griveaux, aux poches bien remplies, soient devenus respectivement le plus jeune ministre de la Ve République et (croit-il), le futur Maire de Paris, le tout sans n’avoir rien démontré ni fait de leur vie, en faisant appel aux services de Mimi Marchand via Ramzy Khiroun, dirigeant de facto de Lagardère Active (et donc patron de facto de Paris Match) pour leur peopolisation ? Faut-il s’étonner qu’ils l’aient fait après que leur “boss”, Emmanuel Macron, ait recruté la “papesse du people” sur recommandation de Xavier Niel, son “ami”, qui avait lui-même rencontré et utilisé Mimi Marchand alors qu’ils sortaient tous deux de prison, et qui depuis sert et dessert ses amis et ennemis, effaçant les informations qui pourraient les gêner, propulsant les politiques qui pourraient l’aider ? Ce même Xavier Niel dont la fortune dépends de la régulation de l’Etat, qui, en lui retirant des licences, pourrait le réduire à néant comme il l’a rendu milliardaire ? Ce même Xavier Niel qui a investi dans tous les médias parisiens non détenus par des oligarques jusqu’alors, de Mediapart à Le Monde en passant par l’Obs, pour “qu’on ne le fasse pas chier” (dixit), et pour, avec l’aide de son homme de main Louis Dreyfus, s’assurer que les “bons” journalistes seraient recrutés et promus, les autres virés ou inhibés. Ce même Xavier Niel qui, en janvier 2014, lors d’un déjeuner, m’annonçait l’élection de Macron. Macron qui n’était alors que secrétaire général adjoint de l’Elysée, que personne ne connaissait, et qui ferait bientôt les couvertures de tous les médias de Niel, comme il le ferait de tous ceux de Lagardère (…)

Tous ces gens remettent en place à leur échelle le système créé par leur aîné, qui consiste à piller les poches de l’Etat après avoir prétendu se mettre à son service. Rappelons que Macron cumulait les millions à Rotschild à à peine trente ans en y vendant réseaux et connaissances de l’ENA, l’IGF et la commission Attali. Réseaux et connaissances censés lui avoir été attribués pour servir l’État, et non pas se servir soi.

Tous ces gens, par l’élection, pensent avoir été sanctifiés, et par la complaisance que le petit Paris – qui est au courant de toutes ces manoeuvres, les voit et les couvre en direct – leur a octroyé, légitimes pour à leur tour créer leurs réseaux d’affidés.

Voilà comme se constituent en France les “miracles” que la presse va bêtement relayer. Voilà comment l’on se retrouve dirigés par des gommeux sans talents, exploitant et pillant les ressources d’Etat au service de leur intérêt.

Voilà comment un pays s’effondre dans la médiocrité. Spectateurs des mouvements des grands, finançant leurs ascensions et subissant leurs coups et petits mots lorsqu’ils ont besoin de se défouler, il ne nous reste plus qu’à, ébahis par leur maîtrise, les féliciter.

Ces êtres ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption.

Posté par dissidence à 07:12 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
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