DISSIBLOG

26 février 2019

Ecologie sovietoïde

De Jean-Philippe Delsol :

La folie écologique n’a pas de limites. Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson estime qu’il faudrait mobiliser 55 à 85 milliards d’euros par an en France pour lutter contre le réchauffement climatique, soit environ le produit de l’impôt sur le revenu (plus de 70Md€ en 2018). « Or, en 2018, constate-t-elle dans Le Monde du 20 février, on en a investi 41 milliards, venant des particuliers, des entreprises, des collectivités, de l’Etat ». Une semaine auparavant, dans une tribune publiée dans Le Figaro du 13 février, 86 députés entrainés par un ex-LREM ont réclamé le retour d’une « fiscalité carbone juste socialement ».

François Bourguignon, professeur à PSE, propose dans Les Echos du 21 février 2019 de taxer encore pour augmenter « le prix relatif des biens et services les plus intensifs en émission de carbone pour en réduire la consommation ». En contrepartie, il souhaite que la taxe soit restituée aux contribuables sous forme de transferts ou de biens publics, parce que « l’objectif de la fiscalité carbone est d’amener les consommateurs à dépenser leur revenu de façon plus écologique ». Il va même jusqu’à envisager des rétrocessions en espèces pour constituer « l’embryon d’un revenu universel », cette machine à généraliser la redistribution sociale à toute la société pour la mettre toute entière dans la main de l’Etat.

Brune Poirson est plus prudente : « Ce n’est pas en augmentant les impôts que nous pouvons remédier aux 30 milliards de sous-investissement chronique ». Mais non moins résolue. Sa solution est « de faire venir l’argent privé pour combler ce sous-investissement » qu’elle estime à 290 Md€ par an au niveau européen, soit deux fois le montant actuel des crédits de paiement européens annuels, et plusieurs milliers de milliards au niveau mondial. Car selon elle « l’argent existe, il est tout simplement au mauvais endroit et finance des projets mauvais pour la planète ». Elle veut donc mobiliser « ces masses de financement privé », par exemple les 1 600 milliards d’euros d’assurance vie en France. Et comme les investisseurs pourraient légitimement craindre que ces investissements soient trop risqués ou peu rentables, elle propose que l’Etat les estampille, les labellise et les garantisse ! Elle conclut, péremptoire : « Les politiques publiques doivent permettre aux entreprises et aux particuliers de comprendre où il faut investir ». Vous l’avez bien compris, nous sommes entrés dans un régime planificateur de type soviétique qui permet encore aux investisseurs de placer leur argent, mais à condition que ce soit en respectant les consignes étatiques. […]

Posté par dissidence à 14:29 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
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