DISSIBLOG

13 mai 2019

GB: les hard-brexiters ont le vent en poupe

Le Brexit Party en voie de pulvériser les partis traditionnels


Selon une récente enquête d'opinion réalisée outre-Manche pour l'hebdomadaire The Observer à l'approche des élections européennes, le Brexit Party continue son ascension dans les sondages, atteignant 34% des intentions de vote, soit plus que celles cumulées par le parti travailliste (21%) et le parti conservateur (11%). Comme le rapporte l'AFP, cette formation anti-Union européenne (UE), qui a vu le jour au mois de janvier 2019, a ainsi doublé son avance sur le Parti travailliste par rapport au précédent sondage.

Mené par Nigel Farage, ancien leader du Ukip qu'il a quitté en décembre 2018, le Brexit Party porte comme principale ambition de sauver le projet de Brexit – la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Bien qu'il bénéficie de la légitimité des urnes depuis la consultation populaire du 23 juin 2016, lors de laquelle 51,89 % des votants, soit 17 410 742 de citoyens Britanniques, s'étaient prononcés en sa faveur, le Brexit est aujourd'hui contesté par un certain nombre de Britanniques et personnalités médiatiques. La nette avance dans les sondages dont bénéficie aujourd'hui le Parti du Brexit s'inscrit, ainsi, à rebours d'une campagne de remise en cause du Brexit menée par certains responsables politiques et figures du monde des affaires depuis près de trois ans outre-Manche.

Depuis le référendum du 23 juin 2016, une imposante campagne pro-#UE suit son cours au #RoyaumeUni...

Mais les citoyens britanniques qui ont voté pour le #Brexit n'ont pas disparu https://t.co/JaOqUWhU6W

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) 26 mars 2019

Humiliations en chaîne pour les partis traditionnels ?

Lors des dernières élections locales, qui se sont tenues le 2 mai, les partis britanniques traditionnels, travailliste et conservateur, essuyaient une défaite cinglante, tandis que le nouveau paysage politique britannique semble plus que jamais se cliver autour de la question du Brexit. Au sein du parti conservateur, les «hard Brexiters» ont contribué au rejet au parlement britannique, à trois reprises, du projet d'accord sur la sortie du Royaume-Uni, approuvé par les négociateurs britanniques et européens en novembre dernier. Ces partisans conservateurs d'un «Brexit dur» jugeaient en effet que l'accord ne permettrait pas une rupture suffisante des liens entre le Royaume-Uni et l'UE. Du côté des travaillistes, le chef de parti, Jeremy Corbyn, semble souffler le chaud et le froid sur la question, se déclarant favorable en février dernier à la tenue d'un nouveau référendum sur le Brexit dans le cas où les parlementaires refuseraient l'idée d'une union douanière avec l'UE.

Après deux reports, la nouvelle date limite du Brexit a été fixée au 31 octobre, sans que personne ne sache encore quelle forme il prendra. Dans ce contexte, le scrutin européen à venir sera-t-il interprété comme un second référendum sur la question, celui-là même tant souhaité par les «Remainers», les partisans du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne ?

Fabien Rives

Posté par dissidence à 10:42 - Europe - Commentaires [0] - Permalien [#]
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