DISSIBLOG

08 juillet 2019

Pour la presse de gauche américaine, la France est désormais « la menace mondiale n°1 contre la liberté d’expression »

BREIZATAO – ETREBROADEL (07/07/2019) En 2019, pour connaître l’ampleur de la censure étatique qui s’exerce sur les citoyens français, la presse américaine est plus riche d’informations critiques que celle de l’Hexagone. La presse d’état française est en effet trop occupée à applaudir la destruction des derniers vestiges de la liberté d’expression que représente le vote nocturne de la loi Avia par une petite trentaine de députés pro-gouvernementaux.

S’exprimant avec indignation dans le journal de gauche « The Hill » basé à Washington, le professeur de droit constitutionnel à l’université Georges Washington Jonathan Turley a dénoncé la volonté de la France de mettre en place, via l’UE et les grandes entreprises privées du web, un contrôle strict des idées et opinions afin d’imposer au monde occidental les standards de son idéologie jacobine radicale.

The Hill (source) :

Il y a un peu plus d’un an, le président français Emmanuel Macron est venu aux États-Unis pour importer deux espèces potentiellement invasives à Washington. L’un était un chêne et l’autre était la répression contre la liberté d’expression. Ironiquement, peu après la plantation de l’arbre, les autorités l’ont déterré pour le mettre en quarantaine. Cependant, des deux, l’espèce la plus dangereuse était la volonté contrôle de la liberté d’expression, une proposition qui a suscité des applaudissements enthousiastes de la part de nos politiciens mal informés.
Nos politiciens aux États-Unis peuvent applaudir Macron comme les idiots du village, la plupart des Américains sont de fervents partisans de la liberté d’expression. C’est dans notre sang. Cependant, sans se laisser décourager, Macron et d’autres en Europe s’apprêtent à imposer unilatéralement le contrôle de la liberté d’expression sur Internet avec de nouvelles législations en France et en Allemagne. Si vous pensez qu’il s’agit d’une question européenne, détrompez-vous.
Macron et son gouvernement tentent d’éliminer unilatéralement les « pensées haineuses » sur Internet. Le Parlement français a adopté une nouvelle loi qui donnera aux entreprises Internet comme Facebook et Google seulement 24 heures pour supprimer les « propos haineux » de leurs sites, sous peine d’une amende de 1,4 million de dollars par violation. Un vote final est attendu la semaine prochaine. L’Allemagne a adopté une mesure semblable l’an dernier et a imposé des amendes de 56 millions de dollars.
Les Français et les Allemands ont renoncé à essayer de convaincre les États-Unis de renoncer à leur liberté d’expression. Ils se sont rendu compte qu’ils n’ont pas à le faire parce qu’en imposant des peines paralysantes, les grandes entreprises seront forcées decensurer la parole selon des normes mal définies. Le résultat pourrait être la profonde limitation de la plus grande invention favorisant la liberté d’expression de l’histoire du monde. Tout cela se passe sans le moindre gémissement d’opposition de la part du Congrès ou de la plupart des organisations de défense des libertés civiles.
La décision des Européens frappe dans l’angle mort de la Constitution des États-Unis. Le Premier Amendement fait un excellent travail pour empêcher l’action du gouvernementcontre la liberté d’expression, et la plupart des lois qui restreignent la liberté d’expression en Europe seraient inconstitutionnelles aux États-Unis. Cependant, bien que protégés contre Big Brother, nous sommes laissés complètement vulnérables à Little Brother, composé de sociétés privées qui ont un large pouvoir discrétionnaire sur la réduction et le contrôle de la parole à travers le monde.
Les Européens savent qu’il est peu probable que ces entreprises retirent chirurgicalement du contenu pour des pays individuels. L’effet sera similaire à celui de l’exception californienne. Tous les États sont assujettis à des normes uniformes en matière d’émissions des véhicules en vertu de la Clean Air Act, mais la Californie a obtenu une exception pour établir des normes plus strictes. Plutôt que de créer des voitures spéciales pour la Californie, les normes plus strictes tendent à guider la conception des voitures. Lorsqu’il s’agit du contrôle des opinions, les Européens savent qu’ils peuvent limiter la parole non seulement dans leur pays, mais aussi pratiquement aux États-Unis et ailleurs.
En effet, les Européens s’appuient sur les succès passés. En 2013, un groupe d’étudiants juifs a utilisé les lois françaises pour poursuivre Twitter afin de l’obliger à remettre l’identité d’affiches anonymes de commentaires jugés antisémites. À son crédit, Twitter s’est battu pour protéger l’anonymat, mais les tribunaux européens ont statué contre l’entreprise et, finalement, elle a cédé. L’anonymat disparaît aussi rapidement que la liberté d’expression est anéantie dans ces pays.
Macron sait que les mesures européennes de contrôle des opinions sont susceptibles de se métastaser sur Internet. Ils ont déjà mis à mal la liberté d’expression en Europe. Ces lois criminalisent la liberté d’expressionselon des normes vagues faisant référence à l' »incitation » ou à l' »intimidation » d’autrui fondée sur la race ou la religion. Par exemple, le créateur de mode John Galliano a été reconnu coupable par un tribunal français d’avoir tenu des propos antisémites contre au moins trois personnes dans un bar parisien. Lors de la détermination de la peine, la juge Anne Marie Sauteraud a donné lecture d’une liste d’injures utilisés par Galliano à l’encontre de Geraldine Bloch et Philippe Virgitti. « Il a dit « sale pute » au moins mille fois, » explique-t-elle à haute voix.
Dans une autre affaire, le père du candidat conservateur français à la présidence Marine Le Pen a été condamné à une amende parce qu’il avait qualifié les membres de la minorité rom de « puants ». Une mère française a été poursuivie parce que son fils est allé à l’école avec une chemise portant la mention « Je suis une bombe ». Un Allemand a été arrêté pour avoir une sonnerie avec la voix d’Adolf Hitler. Une politicienne conservatrice allemande a été placée sous enquête criminelle pour un tweet dans lequel elle accusait la police d’apaiser « des bandes de violeurs barbares composées de hordes d’hommes musulmans ». Même le ministre allemand de la Justice Heiko Maas a été censuré en vertu de ses propres lois pour avoir traité un auteur d' »idiot » sur Twitter.
Le résultat de ces lois mal définies est prévisible. Un récent sondage a révélé que seulement 18 % des Allemands estiment pouvoir s’exprimer librement en public. Plus de 31 % ne se sont même pas sentis libres de s’exprimer en privé parmi leurs amis. Seulement 17 % des Allemands se sentaient libres de s’exprimer sur Internet, et 35 pour cent ont déclaré que la liberté d’expression est limitée à de petits cercles privés. C’est ce qu’on appelle un effet paralysant, et il faut le craindre.
Les Nations Unies renouvellent également leurs appels à faire de la propagande haineuse un type de crime international. Les nations musulmanes veulent que le blasphème soit inclus, et Israël veut que l’antisémitisme soit criminalisé. Même dans notre propre pays, des politiciens comme Howard Dean et divers universitaires ont déclaré que les propos haineux ne sont pas protégés par le premier amendement. La députée Frederica Wilson a demandé que les gens soient « poursuivis » pour s’être moqués des membres du Congrès. Un récent sondage a révélé que la moitié des étudiants aux États-Unis ne croient pas que la propagande haineuse devrait être protégée.
La triste ironie de voir la France prendre la tête des efforts visant à restreindre la liberté d’expression est puissante. Autrefois bastion de la liberté, la France est aujourd’hui devenue l’une des plus grandes menaces internationales à la liberté d’expression. Il a même mené une répression contre la presse libre avec des enquêtes criminelles. Pendant des années, nous avons simplement regardé de notre côté de l’Atlantique et rejeté ces tendances comme une question européenne. Avec ces nouvelles lois, cependant, il s’agit d’un problème mondial. L’espèce invasive est sur le point de se lâcher sur le web mondial.

Cette critique frappe fort et juste. C’est celle d’un état, les USA, qui garantit la libre expression de ses citoyens. Mais en France, une république autoritaire avançant à marche forcée vers le contrôle gouvernemental des idées et opinions, elle n’aura aucun écho : le principe même de la censure, au nom de l’égalitarisme radical, est soutenu par la totalité de l’infrastructure médiatique.

C’est en fait une question de survie pour une classe sacerdotale dont la religion d’état – le socialisme humanitaire – s’effondre de toutes parts.

Pour les quelques 37,000 journalistes d’état dûment reconnus par le gouvernement via leurs fameuses « cartes de presse », se lamenter de leur impopularité est certes devenu un exercice commun. Les deux tiers des Français savent qu’ils mententpour défendre le système dont ils dépendent. L’autocritique, en revanche, est rigoureusement interdite au sein du saint des saints d’une corporation qui pense que son rôle est de guider le peuple en vertu d’une mission morale qu’elle s’est assignée elle-même et non pas d’informer. Et d’abord sur les abus du pouvoir et de l’Etat.

Qu’importe donc à ces 37,000 journalistes d’état qu’une écrasante majorité de Français n’accordent plus aucune confiance à ce qu’ils disent ou font : ils ont l’appui de l’Etat, le seul qui compte pour préserver leurs rentes. Ils servent l’Etat et son idéologie, avec enthousiasme, et l’Etat les sert.

Un appui qui n’est pas simplement déclaratif : sans les milliards d’aides directes et indirectes à la presse, celle-ci n’existerait plus, faute de lecteurs. Il en va de même des médias détenus directement par le gouvernement – à l’instar de Radio France et des avantages mirobolants dont jouissent ses journalistes – qui sont si caricaturaux dans leur sectarisme gauchisant qu’il devient inutile de les caricaturer.

Ce n’est plus de l’entre-soi, c’est de l’inceste. Un exemple récent, concernant BREIZ ATAO, est la remise d’une récompense de 7,000 euros par des journalistes à d’autres journalistes pour avoir commis un article à charge à notre sujet.

Qu’aucun journal n’ait violemment dénoncé la loi Avia pour ce qu’elle est – une loi de censure globale inédite dans l’histoire de France – résume tout ce qu’il faut savoir des plumitifs du régime.

Dans cette obscurité, l’opposition provient effectivement d’internet, avec ses blogueurs et ses vidéastes. C’est pour ça que l’Etat veut les faire taire et c’est pour ça que les journalistes d’état en défendent le principe : tenter de faire disparaître une concurrence qui a depuis longtemps écrasé l’influence que peut avoir un journaliste lambda.

En tout cas, une chose est certaine : le prix politique de cette radicalisation du système en France sera énorme pour Paris. Le pays autoproclamé des « droits de l’homme » ne pourra plus prendre de haut des nations entières et les rappeler à l’ordre : elle se fera mettre immédiatement le nez dans sa propre merde.

C’est une bonne nouvelle.

Posté par dissidence à 17:31 - International - Commentaires [0] - Permalien [#]
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