DISSIBLOG

04 août 2019

Abolition des privilèges, mon cul !

A propos de la fameuse nuit du 4 août qui vit la suppression (en fait le transfert ...) des privilèges


 

L’abolition des privilèges était-elle une nécessité inéluctable ?

Si l’on tient compte du pourrissement – moral et mental – d’une noblesse de cour, nourrie et enrichie sur le dos d’une paysannerie qui, elle, crevait de faim, cela ne fait aucun doute. D’autant que cette noblesse, qui n’en avait plus que les titres et privilèges, se plaisait à critiquer le Roi et l’Église dans les salons de quelques cocottes(3) ou dans les loges maçonniques qui fleurissaient partout. On avait oublié que les privilèges et droits féodaux imposaient, en contrepartie, des devoirs sacrés : le chevalier était, si besoin, homme de guerre. Il mettait son épée au service de son Roi (4), protégeait ses vassaux et défendait « la veuve et l’orphelin ». Il était prêt à verser l’impôt du sang.
Le clergé soignait les malades et les indigents, hébergeait les pèlerins, aidait les pauvres et les nécessiteux, créait des écoles. Saint Vincent-de-Paul est le précurseur de la Sécurité Sociale(5) et non de l’abbé Pierre, car ce curaillon miteux avait une charité chrétienne à géométrie variable(6). Claude-Henry de Saint-Simon (1760−1825), que d’aucuns présentent comme un réformateur social, considérait, dans les années 1820–1825, que la révolution n’était pas achevée. Chaud partisan de « l’industrialisme », il proposait une réorganisation totale de la société, hiérarchisée entre les scientifiques et industriels d’une part et la classe ouvrière d’autre part. Il a été à l’origine du saint-simonisme et de la mise en œuvre de la révolution industrielle au XIXe siècle.

Les dynasties bourgeoises — les banquiers, les armateurs, les maîtres de forges — ont supplanté les aristocrates. On a remplacé Dieu par le fric-roi et on a envoyé dans les mines des enfants de 10 ans (auxquels on accordait généreusement un journée de repos pas semaine et des journées limitées à 12 heures de travail). Rien de nouveau sous le soleil puisque, de nos jours, le « bobo » achète des vêtements « froissés chics » fabriqués au Viêtnam ou au Bengladesh par des gosses qui triment 6 jours sur 7 pour un salaire de misère. Au début des années 60, la loi scélérate dite « Pisani-Debatisse » (tous deux francs-maçons) supprimait l’un des derniers privilèges : celui des bouilleurs de cru. L’état jacobin ne supportait pas l’idée qu’un petit propriétaire puisse transmettre à son fils le droit de confectionner sa goutte, sa gnole, son marc, et de surcroît sans payer de taxes.

Alors oui, on peut s’interroger sur l’intérêt ou la nécessité d’abolir les privilèges

Sous l’ancien régime, les impôts étaient nombreux et le vassal devait un tiers de ses gains – en temps ou en argent – au Royaume et/ou à son suzerain. De nos jours, « le Figaro » nous apprend que, si l’on retire de ses revenus les impôts, taxes, et cotisations sociales diverses et variées, le Français travaille pour l’état jusqu’au… 25 juillet.
Pression fiscale EuropeEn clair, notre économie socialiste – car il s’agit bien de cela ! – lui prend les deux tiers de ce qu’il gagne. Et la France bat un record mondial d’hyper-fiscalité puisqu’on compte chez nous plus de 200 impôts et taxes. Notons, au passage, que les pays qui sont encore des monarchies – certes constitutionnelles – s’en sortent plutôt mieux que nous. Dire que, vers 1600, le bon roi Henri IVespérait que, chaque dimanche, le peuple pourrait manger une poule-au-pot. Aujourd’hui, la cour du baron Goullet de Rugys’empiffre de homard, et la bouffonne franco-sénégalaise Ndiaye nous invite à manger du kébab, qui, comme chacun sait, est un plat typiquement français (7).

Franchement, cela valait-il le coup de faire une révolution, de guillotiner le Roi, de massacrer la Vendée, de mettre l’Europe à feu et à sang ?

Sincèrement, je pense que non mais ceci n’engage que moi ! Et tant pis, après tout, si notre pays, en pleine dégénérescence, confond « le Trône et l’Autel » avec le trône des chiottes et l’hôtel de passe.

 

Le Peuple et l'Egalité foudroyant le Trône te l'Autel. Estampe (musée Carnavalet)

Le Peuple et l’Egalité foudroyant le Trône et l’Autel. Estampe (musée Carnavalet)

Je m’arroge UN privilège, UN SEUL, celui de ne pas rendre ma plume serve (8).

@ Éric de Verdelhan

(1) « Histoire de Révolution française », de Jules Michelet, Flammarion, 1897–1898.
(2) Et, le 21 janvier 1793, la France guillotinera le « Restaurateur de la Liberté française », sans doute pour le remercier d’avoir été si bon ?
(3) De nos jours, on dirait « poules de luxe ».
(4) Et au service de Dieu car le Roi était monarque « de droit divin ».
(5) Mais qui ne coûtait rien au contribuable.
(6) En 1954, le saint homme, avant de lancer son appel en faveur des sans-abris, avait refusé sa pitié aux combattants de Diên-Biên-Phu qui faisaient « une sale guerre colonialiste ». C’est le même qui, plus tard, condamnera les parachutistes d’Algérie mais pas le FLN.
(7) Au même titre que le couscous, les loukoums ou le tajine au poulet.
(8) « La plume est serve mais la parole est libre » dit-on en droit.

Posté par dissidence à 09:54 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
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