DISSIBLOG

28 octobre 2019

Les gilets jaunes pédalent toujours dans la semoule gauchiste

Image associéeDans un communiqué publié ce matin sur Twitter, nous apprenons que quatre figures des Gilets jaunes (Priscilla Ludosky, Faouzi Lellouche, Fabrice Grimal et Jérôme Rodrigues) souhaitent rencontrer Emmanuel Macron pour faire un bilan de la crise que traverse le pays. Une décision qui n’est pas du goût de tout le monde.


 

Plus précisément, ce communiqué demande audience auprès du président de la République afin de pouvoir discuter de deux choses :

1) Les violences policières qui ont eu lieu au cours des manifestations ainsi que l’état d’avancement des enquêtes de l’IGPN.

2) Le manifeste issu du vrai débat et dont Emmanuel Macron n’a jamais parlé et qui a pourtant recueilli un million de votes sur Internet. Ce manifeste regroupe les principales revendications des Gilets Jaunes, validée démocratiquement sur la plate-forme.

Par ailleurs, dans le communiqué de presse qui accompagne la lettre envoyée au président de la République, il est rappelé que le mouvement des Gilets Jaunes se bat notamment pour quatre idées directrices, ainsi définies :

  • Une transformation profonde du système politique.
  • Un renforcement du service public.
  • Une justice fiscale.
  • Une écologie solidaire, accessible, accompagnée et la préservation de l’environnement.

Notons le caractère très vague de cet énoncé (par exemple, le mot RIC n’est pas mentionné alors qu’il est suffisamment court et clair pour tenir dans un résumé) et l’introduction de la notion “d’écologie solidaire”, très en vogue en ce moment, bien que l’on ne comprenne pas bien de quoi il s’agit.

Mais si l’intention est louable, le fait de vouloir discuter avec Emmanuel Macron pose problème à une partie des Gilets Jaunes. Par exemple, Eric Drouet, une autre figure du mouvement, a estimé :

Il y a pas de discussion à avoir ça fait presque un an qu’on est dans la rue aucune réponse des morts des blessés des mutilés l’heure n’est plus à la discussion mais à la démission de tout ce gouvernement !!

Mentionnons au passage un détail qui en dit long : les médias appelés par Jérôme Rodrigues à retweeter le communiqué de presse sont tous affiliés à la “gauche” ou à “l’extrême-gauche” (évidemment, nous n’en faisons pas partie, malgré notre travail honnête sur les Gilets Jaunes depuis l’acte 1). Étonnant pour un mouvement dont la force initiale a été justement de briser cette barrière qui divise les Français en deux (gauche / droite) et qui arrange grandement le pouvoir. Méfiance donc à l’égard d’un basculement assumé du centre de gravité du mouvement des Gilets Jaunes qui lui ferait inéluctablement perdre de sa force (c’est déjà malheureusement le cas, et ce basculement vers la gauche institutionnelle en est en partie la cause). Seule l’union de tous les Français contre le pouvoir en place a une chance d’aboutir : une union sans condition, sans sujet tabou, sans commissaire politique dans les cortèges. C’était toute la force du RIC : unir sous une même bannière, celle de la démocratie, les Français de tous bords. Les différents entre Français allaient pouvoir être réglés par le vote a posteriori. La priorité était la reprise en main de la démocratie, sans qu’aucune notion de gauche et de droite n’intervienne. Avant ce terme, tout accaparement par un groupe politique quel qu’il soit ne pouvait qu’être néfaste pour le mouvement, rebutant la partie des Gilets Jaunes ne se sentant plus représentée.

Nous relayons toutefois cette initiative bien qu’elle ait selon nous peu de chance d’aboutir. Et même si les quatre figures des Gilets Jaunes devaient finalement être reçues, cela ne mènerait sûrement nulle part. Peut-être est-ce là son but stratégique ? Mettre en avant la volonté de dialogue pour en démontrer ses limites ?

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Posté par dissidence à 17:34 - France - Commentaires [0] - Permalien [#]
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