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20 décembre 2025

Macron arrêté !!

Macron arrêté !!
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Quand Jean Messiha écrit noir sur blanc que, sitôt Emmanuel Macron redevenu un simple citoyen, à minuit et une minute, il devra être arrêté et placé en détention provisoire pour haute trahison, ce n’est ni une provocation de bistrot ni une formule lancée pour faire le buzz. C’est un acte politique assumé, publié sciemment sur un réseau social où chaque mot est enregistré, repris, archivé, et destiné à provoquer un débat de fond. Cette déclaration ne surgit pas dans le vide. Elle s’inscrit dans un climat de fin de règne, de rupture profonde entre une partie du pays et celui qui l’a dirigé pendant une décennie, et surtout dans une colère froide qui ne se contente plus de la critique classique mais pose désormais la question de la responsabilité pénale personnelle du chef de l’État.

Il faut mesurer ce que cela signifie. Dans l’histoire récente de la Cinquième République, jamais un président en exercice n’a été aussi explicitement désigné par un acteur politique identifié comme relevant, une fois son immunité constitutionnelle levée, d’une arrestation pour haute trahison. On a connu les sarcasmes, les procès en incompétence, les accusations de mensonge, de cynisme, d’autoritarisme. Mais ici, un seuil est franchi. Il ne s’agit plus de mauvaise politique ou d’erreurs de jugement, mais de faute contre la nation elle-même, de violation des intérêts fondamentaux du pays, de trahison au sens le plus grave du terme.

Jean Messiha n’est ni un inconnu ni un marginal hurlant dans le vide. Ancien haut fonctionnaire, figure politique passée par le Front national puis par Reconquête, omniprésent dans le débat public depuis des années, il connaît parfaitement le poids des mots qu’il emploie. Lorsqu’il utilise l’expression haute trahison, il sait qu’elle renvoie à une notion lourde, historique, presque sacrée, qui évoque les pages les plus sombres de l’histoire politique française. Il sait aussi qu’une telle accusation ne peut pas être réduite à une simple invective, mais qu’elle implique l’idée que l’État a été volontairement affaibli, livré ou détourné de sa mission première.
 
Ce qui frappe, au-delà du message lui-même, c’est l’écho qu’il rencontre. Loin de susciter uniquement des ricanements ou des indignations de façade, l’appel de Messiha est repris, commenté, parfois approuvé par une partie non négligeable de l’opinion. Beaucoup ne contestent même plus le terme employé. Ils demandent sur quels faits précis une telle accusation pourrait reposer, quelles décisions, quelles politiques, quels choix stratégiques pourraient, demain, être qualifiés de trahison des intérêts nationaux. Le débat s’est déplacé. On ne se demande plus seulement si Emmanuel Macron a été un bon président, mais s’il devra rendre des comptes autrement que devant les historiens.
 
C’est là que le malaise devient profond. Une démocratie stable ne fonctionne pas sur l’idée qu’un président sortant puisse finir menotté par ses successeurs politiques. Mais une démocratie abîmée, minée par le sentiment de dépossession, par l’impression que les décisions majeures ont été prises contre le peuple, sans mandat clair, sans contrôle réel, sans limites, finit par produire ce type de discours. Jean Messiha ne crée pas ce climat. Il le verbalise. Il met des mots sur une intuition largement partagée dans certains milieux, celle d’un pouvoir qui aurait franchi des lignes rouges irréversibles et qui ne pourrait pas simplement quitter la scène par la petite porte, avec les honneurs et une retraite paisible.
 
La question qui se pose alors, et que beaucoup esquivent par confort ou par peur, est celle de la qualification même de haute trahison. En droit français, le terme n’est pas une métaphore politique vague. Il renvoie à des actes extrêmement précis, à des comportements qui portent atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, à sa souveraineté, à sa sécurité, à son intégrité. Longtemps, cette notion a été tenue à distance du débat public, comme si elle appartenait à un autre siècle, à des temps de guerre ou de coups d’État militaires. Or, ce que révèle la sortie de Jean Messiha, c’est que pour une partie croissante des Français, la trahison n’est plus forcément spectaculaire, elle est administrative, technocratique, diluée dans des décisions successives qui, mises bout à bout, donnent le sentiment d’un abandon organisé.
 
Car c’est bien là que se situe le cœur du problème. Emmanuel Macron n’est pas accusé d’avoir livré des secrets militaires à une puissance étrangère ou d’avoir appelé une armée ennemie à envahir le territoire. Il est accusé, dans l’esprit de ceux qui reprennent le mot trahison, d’avoir méthodiquement affaibli la nation, de l’avoir privée de ses moyens de défense politique, économique, culturelle et sociale, au nom d’une idéologie hors-sol, déconnectée des intérêts concrets du peuple français. Cette accusation n’est pas juridique au sens strict, mais elle est politique au sens le plus lourd du terme. Elle repose sur l’idée que gouverner contre son peuple, de manière répétée, consciente et assumée, finit par relever non plus de l’erreur, mais de la faute.
 
La gestion des crises successives a joué un rôle central dans cette perception. Crise sanitaire, crise migratoire, crise énergétique, crise institutionnelle, crise agricole, crise sécuritaire. À chaque fois, le même sentiment revient, décisions imposées d’en haut, discours infantilisants, absence de consultation réelle, et surtout incapacité chronique à reconnaître les erreurs. Pour beaucoup, l’épisode du Covid a marqué un point de non-retour. Restrictions inédites des libertés, injonctions contradictoires, passe sanitaire devenu outil de contrainte sociale, marginalisation de toute voix dissidente. Là où certains voient une gestion autoritaire mais nécessaire, d’autres voient une rupture grave du pacte entre l’État et les citoyens. Et c’est précisément dans cette zone grise que s’installe l’idée de trahison.
 
À cela s’ajoute la question de la souveraineté. Emmanuel Macron a fait de l’intégration européenne, de la dilution des compétences nationales et de l’alignement sur des normes supranationales un axe central de son action. Là encore, le débat n’est pas théorique. Lorsque des décisions majeures concernant l’énergie, l’agriculture, l’immigration, la politique budgétaire ou industrielle semblent dictées par Bruxelles, validées sans véritable débat national, et appliquées contre l’intérêt immédiat du pays, beaucoup ont le sentiment que la France n’est plus gouvernée pour elle-même. La perte de contrôle n’est pas perçue comme un accident, mais comme un choix idéologique assumé. Et un choix idéologique assumé contre les intérêts vitaux du pays, pour certains, cela porte un nom.
 
Le cas migratoire cristallise cette colère. Discours compassionnels permanents, incapacité à contrôler les flux, refus de nommer les conséquences concrètes sur la sécurité, les finances publiques, la cohésion nationale. Là où les gouvernements précédents étaient accusés de faiblesse, le macronisme est accusé de duplicité. D’afficher une fermeté de façade tout en laissant la situation se dégrader structurellement. Pour ceux qui parlent de trahison, il ne s’agit pas d’un échec subi, mais d’un choix politique dissimulé derrière des éléments de langage. Là encore, la frontière entre incompétence et trahison devient floue, et c’est précisément cette ambiguïté qui nourrit les discours radicaux.
 
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la phrase de Jean Messiha. Elle n’est pas un programme judiciaire clé en main. Elle est un signal. Un marqueur. Elle dit qu’après Macron, il ne suffira pas de tourner la page. Elle dit que certains refusent l’idée d’une amnistie morale automatique, d’un effacement des responsabilités sous prétexte de légalité institutionnelle. Elle dit surtout que la colère accumulée ne se dissipera pas avec un simple changement de locataire à l’Élysée. Et que la question des comptes à rendre, sous une forme ou une autre, restera posée.
 
Reste une question essentielle, que beaucoup préfèrent éviter. Que se passera-t-il réellement après 2027 ? Emmanuel Macron bénéficiera-t-il, comme ses prédécesseurs, d’une retraite politique confortable, de conférences bien rémunérées, d’un statut d’ancien président respecté, intouchable, protégé par une immunité morale non écrite ? Ou bien cette fois-ci, le ressentiment sera-t-il trop fort pour être contenu ? La sortie de Jean Messiha suggère que, pour certains, la page ne pourra pas être tournée sans un examen sérieux des décisions prises, de leurs conséquences, et de la responsabilité personnelle de celui qui les a assumées jusqu’au bout.
 
Qu’on partage ou non ce point de vue, une chose est certaine. Le simple fait que ce débat existe marque une rupture historique. Le président n’est plus seulement critiqué, il est soupçonné. Soupçonné d’avoir gouverné non pas maladroitement, mais contre l’intérêt national. Et dans un pays comme la France, où l’idée de trahison a toujours une charge symbolique immense, ce soupçon, une fois installé, ne disparaît jamais totalement..
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