Merkel prête à lâcher sur la planche à billets
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Si la chancelière Angela Merkel obtient l'accord de ses partenaires de l'Union pour modifier le traité européen afin d'y inclure, comme elle le souhaite, un droit d'ingérence budgétaire chez les "mauvais élèves" de la dette, elle pourrait accepter des avancées plus audacieuses pour combattre la crise, laissent entendre certains de ses conseillers. Parmi ces avancées pourraient figurer une augmentation des rachats par la Banque centrale européenne de dettes de pays en difficulté, des garanties accordées par le fonds européen de stabilité financière (FESF) à certaines émissions obligataires et la création future d'"obligations de stabilisation" communes.
Problème de traités ...
"Le paradoxe de la situation actuelle, c'est que toutes les bonnes solutions à la crise de l'euro ne sont pas légalement valables en Allemagne", souligne Ulrike Guerot, responsable de l'antenne berlinoise du cercle de réflexion "European Council on Foreign Relations". La chancelière argue en effet du fait que les traités européens empêchent la BCE de jouer le rôle de prêteur en dernier ressort et de financer la dette des Etats par la création monétaire. Elle a rejeté l'idée d'"euro-obligations" tout comme comme celle d'une mutualisation des dettes et elle a balayé les propositions qui permettraient au FESF d'emprunter à la BCE ou au Fonds monétaire international (FMI).
Pour Peter Altmaier, l'objectif de la chancelière consiste à placer ses partenaires européens face au compromis sur lequel a été créée la monnaie unique. "Quand l'euro a été lancé par le traité de Maastricht en 1992, cela s'est fait via un compromis historique", explique-t-il : "Primo, le deutschemark, alors horriblement trop fort, était supprimé et secundo, la culture de stabilité allemande devait être étendue à toute l'Europe. La première partie a été appliquée, la deuxième reste valable et engage les signataires du traité mais elle n'a pas été appliquée."
L'Allemagne ne veut pas dévoiler toutes les cartes qu'elle a en main tant qu'elle n'a pas obtenu l'engagement de tous ses partenaires de modifier les traités européens pour permettre une supervision extérieure des politiques budgétaires des Etats membres. Un amendement au traité créerait un nouveau poste de "Sparkommissar" (commissaire à l'Epargne) doté du pouvoir d'annuler le budget d'un Etat de la zone euro s'il enfreint les règles fixées à l'échelon communautaire. Ce nouveau responsable pourrait ainsi traîner les gouvernements fautifs devant la Cour européenne de justice, qui pourrait à son tour infliger des amendes et ordonner le respect des règles, comme c'est le cas aujourd'hui en matière de concurrence et d'antitrust.
Problème de calendrier ...
Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, souhaite voir adopté cet amendement avant la fin de l'an prochain. Ce n'est qu'ensuite que Berlin s'efforcerait de faire avancer sa vision, plus ambitieuse, d'une union politique plus étroite, expliquent des responsables allemands.
Il n’est pas sûr que les "marchés" attendent ...